Dans la nuit du 31 août 1997, un coup de téléphone réveille en urgence le château de Balmoral. Charles, alors prince de Galles, apprend que son ex-épouse, Lady Diana, a été victime d’un grave accident à Paris. Le pays dort encore, mais dans cette chambre écossaise, quelque chose se brise déjà.
Quelques heures plus tard, la nouvelle de la mort de Lady Diana, survenue après un crash dans le tunnel de l’Alma, choque profondément la nation. Leur divorce venait d’être prononcé en 1996, et la monarchie britannique se trouvait alors fragilisée. Les premiers mots privés de Charles vont laisser une trace durable.
Une phrase glaçante de Charles III à Balmoral
Selon la biographe Penny Junor, Charles s’est d’abord effondré en apprenant que Diana ne survivrait pas. Puis, il aurait rapidement lâché : « Tout le monde va dire que c’est de ma faute, n’est-ce pas ? » Cette remarque, prononcée dans la pénombre, semble être un aveu de ses craintes d’être désigné comme responsable.
Son inquiétude se tourne ensuite vers les conséquences politiques possibles. Penny Junor rapporte qu’il aurait ajouté : « Nous allons voir une réaction comme nous n’en avons jamais vue. Et cela pourrait tout détruire. La monarchie pourrait tomber. » Son secrétaire particulier, Stephen Lamport, aurait alors répondu : « Oui, monsieur, je pense que ce pourrait être le cas. Ce sera très difficile pour votre mère. »
Les craintes de culpabilité, de rumeurs et de chute de la monarchie
Plus tard, le spécialiste Bertrand Deckers explique qu’il n’existe pas de témoignages décrivant une telle réaction dans une situation comparable. Il souligne que l’une des premières phrases attribuées à Charles a été : « Tout le monde va penser que c’est moi ! » Ces mots prennent une signification particulière, compte tenu des nombreuses théories complotistes autour de la mort de Diana.
À cette époque, les sondages montrent déjà une baisse de popularité pour le prince. Deux décennies plus tard, seulement 36 % des Britanniques considèrent qu’il est bénéfique pour la monarchie. La crainte d’être personnellement accusé, et d’entraîner la chute de l’institution, s’inscrit dans un contexte où même un simple signe de froideur pouvait faire de lui un bouc émissaire, bien au-delà du drame familial.
Entre panique personnelle et responsabilités de père, loin de la série The Crown
Autour de lui, les proches s’inquiètent également. Tina Brown raconte que Camilla Parker Bowles, prévenue par téléphone, aurait d’abord exprimé sa compassion en disant : « Les pauvres, pauvres garçons ». Elle aurait ensuite redouté pour Charles : « Sa prochaine inquiétude fut pour Charles. Allait-il s’effondrer ? Il ne faut pas, pour le bien de ses garçons. »
Lors de son déplacement à Paris pour rapatrier le corps, un détail le marque profondément : Diana ne porte qu’une seule boucle d’oreille. Charles aurait protesté à plusieurs reprises : « Elle ne peut pas partir avec une seule boucle ! »
Dans son livre Le Suppléant, le prince Harry évoque un moment intime : un père pâle, en chemise de nuit, s’asseyant au bord du lit pour lui annoncer la nouvelle. Il aurait dit : « Mon cher enfant, maman a eu un accident de voiture. […] Il y a eu des complications. Maman a été gravement blessée, on l’a emmenée à l’hôpital. […] Ils ont tout essayé, mon cher enfant. Elle ne s’en est pas sortie, j’en ai bien peur. »
Ce récit, plus discret, contraste avec l’image dramatique de Charles en larmes dans la série The Crown. Il témoigne d’une réaction plus contenue, différente de la panique politique évoquée dans ses premiers mots dans la nuit écossaise.
