Une affaire qui mêle diplomatie, famille royale et scandale financier
Le divorce de la princesse Haya, fille du roi Hussein de Jordanie et ancienne cavalière olympique, d’avec l’émir de Dubaï, Mohammed ben Rachid al-Maktoum, a récemment défrayé la chronique. Ce conflit familial a rapidement pris une tournure diplomatique, impliquant la reine Elizabeth II dans une situation délicate.
Un mariage princier et un début de conte de fées
Les deux protagonistes, passionnés de chevaux, se sont rencontrés sur un hippodrome. Leur mariage, en 2004, a été présenté comme un conte de fées. La princesse Haya, diplômée d’Oxford et cavalière de haut niveau, a rapidement incarné l’image d’une femme musulmane moderne. Ce profil a séduit la reine Elizabeth II, qui connaissait bien le couple, notamment lors d’événements comme le Royal Ascot ou le Royal Horse Show.
Une crise qui dépasse le cadre privé
En 2019, ni Mohammed ben Rachid ni Haya ne sont apparus dans les tribunes d’Ascot, où ils participaient habituellement. Peu après, la princesse a quitté Dubaï avec leurs deux enfants et une somme importante d’argent, estimée à près de 40 millions de dollars (environ 37 millions d’euros). Elle s’est réfugiée à Londres, dans une résidence de Kensington Palace Gardens, selon des sources.
Une bataille judiciaire à Londres qui fait du bruit
À Londres, l’émir a lancé une procédure de divorce, l’accusant notamment d’avoir entretenu une liaison avec son garde du corps britannique, Russell Flowers. La princesse Haya a engagé une avocate renommée, Fiona Shackleton, pour la représenter dans cette affaire. Sur Instagram, Mohammed ben Rachid a lancé des menaces à son épouse, lui reprochant de lui avoir menti.
En mars 2020, la Haute Cour de Londres a accordé la garde de leurs deux enfants à Haya. Le tribunal a également révélé que l’émir aurait commandité l’enlèvement de deux autres princesses, Latifa et Shamsa. Selon le jugement, les enfants étaient exposés à un risque d’enlèvement, et la principale menace venait du souverain lui-même. En décembre 2021, l’émir a été condamné à verser 650 millions d’euros, un record dans ce type de procédure.
Une affaire qui touche la reine Elizabeth II
Ce scandale a eu des répercussions sur le réseau d’amitiés de la reine Elizabeth II. La souveraine entretenait une relation cordiale avec l’émir, qu’elle accueillait avec plaisir, notamment en raison de ses écuries célèbres en Angleterre. La famille royale britannique avait aussi des liens avec la famille hachémite de Jordanie, la reine ayant été proche du roi Hussein, puis de son fils, le roi Abdallah II.
Selon la presse britannique, la princesse Haya aurait d’abord été logée dans un palais mis à sa disposition par la famille royale. Par la suite, elle aurait acheté une maison à proximité du palais de Kensington, pour près de 85 millions de livres (environ 99 millions d’euros). Elle aurait emporté environ 31 millions de livres (36 millions d’euros) pour ses besoins au Royaume-Uni, où Londres entretient des relations économiques étroites avec Dubaï et les Émirats arabes unis.
