Les fans de Géraldine Nakache se demandent souvent où l’actrice et réalisatrice a grandi. Elle a évoqué une « cité qui ne brûlait même pas » pour décrire ses années d’enfance. La réponse est claire : elle a grandi à Puteaux, une commune située dans les Hauts-de-Seine, à proximité de La Défense, à une dizaine de minutes de Paris.
À 46 ans, peu de temps après la sortie de son quatrième long-métrage, Si tu penses bien, Géraldine Nakache revient sur ses années en banlieue dans un entretien pour Le Monde. Elle résume cette période par une phrase devenue emblématique : elle explique que « naître de l’autre côté du périph » lui a donné l’envie de faire ce qu’elle fait aujourd’hui.
Une enfance entre Suresnes et Puteaux
Née en 1980 à l’hôpital Foch de Suresnes, dans le département des Hauts-de-Seine, elle est issue d’un père directeur informatique et d’une mère assistante comptable, tous deux originaires d’Algérie. Elle a grandi à Puteaux, à quelques kilomètres de là. Géraldine Nakache raconte : « Grandir à Puteaux, dans une cité qui ne brûlait même pas, avec l’obsession de Paris qui était à dix minutes, ça m’a constituée. »
Elle décrit une enfance loin des images de violence ou de chaos souvent associées aux quartiers populaires. La cité où elle a grandi ne connaissait pas d’émeutes ni d’incendies. Pour elle, ce cadre a façonné sa vision du monde.
Adolescente, cette situation alimentait à la fois une frustration et une énergie débordante. Elle se souvient de ces années où elle percevait Paris comme une « vraie vie » inaccessible, séparée par un RER qui fermait tôt et le périphérique considéré comme une frontière. Elle ajoute : « Donc merci papa, merci maman, de m’avoir fait naître de l’autre côté du périph, ça m’a donné l’envie. »
Une banlieue calme, loin des clichés, qui forge son regard
Lorsqu’elle évoque sa ville, son ton devient plus collectif. Sur le site Abus de Ciné, elle explique que la banlieue où elle a grandi représente la majorité des quartiers en France : « Mais la banlieue dans laquelle on a vécu, c’est la banlieue de peut-être 70 % des Français, où il ne s’y passe rien mais où effectivement il n’y a pas la guerre. »
Pour elle, Puteaux est une banlieue parisienne ordinaire, ni particulièrement touristique ni zone à risque. Elle n’est ni une carte postale ni un ghetto. Cette réalité plus tranquille a influencé sa perception du monde.
Dans une interview au Parisien en 2010, pour la sortie de Tout ce qui brille, elle rappelle qu’elle a vécu à Puteaux jusqu’à ses 22 ans. Elle confie : « Je sais ce que c’est que d’être à dix minutes de Paris quand on a 20 ans et qu’on rêve d’autre chose. » Ce décalage entre la banlieue et la capitale nourrit à la fois son humour et une certaine mélancolie dans ses films.
De Puteaux au grand écran, un quartier devenu personnage de film
Le territoire de son enfance a naturellement servi de décor à plusieurs de ses œuvres. En 2010, elle a co-réalisé Tout ce qui brille avec Hervé Mimran, dont l’histoire se déroule dans une banlieue populaire proche de Paris, inspirée directement de Puteaux. Les héroïnes, Ely et Lila, y vivent dans un environnement que Géraldine Nakache connaît bien.
Elle explique que Puteaux est une banlieue plutôt agréable, mais pour ses personnages, elle reste sans intérêt par rapport à Paris. La Défense et le centre commercial des Quatre-Temps sont filmés comme un espace entre deux mondes, témoignant du décalage entre la banlieue et la capitale.
Les liens avec sa ville natale sont toujours forts. La municipalité de Puteaux souligne, dans son rapport d’activité de 2019, que Géraldine Nakache, qui a passé son enfance à Puteaux, a présenté en avant-première son dernier film, J’irai où tu iras, au cinéma Le Central. La cité, qu’elle décrit comme une « cité qui ne brûlait même pas », reste une partie intégrante de son parcours personnel et professionnel.
