2 novembre 2026

Charles III trinque au rhum à Georgetown

À Georgetown, la séquence a fait sourire toute la salle : fraîchement arrivé au Guyana, le roi Charles III se voit tendre un verre de vieux rhum local, lève les sourcils… et enchaîne de généreuses gorgées devant les caméras. « Tu bois ça ? Des punchs au rhum à n’en plus finir en fin de journée ? » lance-t-il, hilare, à ses hôtes.

La scène se déroule dans les jardins de la State House, lors d’une réception offerte par le président Mohamed Irfaan Ali pour cette visite d’État de deux jours marquant environ 60 ans de relations Guyana–Royaume‑Uni. Entre rires, musique et rhum cul-sec, ce moment léger intervient pourtant au cœur d’une tournée caribéenne chargée, où il est question de réparations pour l’esclavage et de climat.

Charles III au Guyana, une visite d’État au parfum d’histoire

La tournée d’automne de neuf jours du souverain l’a d’abord conduit aux Bahamas avant cette deuxième étape au Guyana, en attendant Antigua‑et‑Barbuda et le sommet des chefs de gouvernement du Commonwealth. Le 29 octobre 2026, Charles III, 77 ans et traité pour un cancer, a atterri à l’aéroport international Cheddi Jagan, accueilli avec garde d’honneur.

C’est sa première venue dans la république coopérative du Guyana depuis 26 ans, après une visite en février 2000 comme prince de Galles. Le pays, indépendant du Royaume‑Uni depuis 1966 et devenu république en 1970, reste membre du Commonwealth. Avec moins de 900 000 habitants pour une superficie proche de la Roumanie, il est aujourd’hui un partenaire clé de Londres dans la Caraïbe.

Dans les jardins de la State House, un accueil très chaleureux… et un vieux rhum

À la State House, Mohamed Irfaan Ali, son épouse Arya Ali et leurs deux fils ont réservé au roi un accueil à la fois officiel et très familial. Après les hymnes, Charles III a pris place au milieu du couple présidentiel pour un spectacle de danses, chants et percussions, marqué par une collaboration entre le National Piping Centre, dont il est patron, et des batteurs guyanais. Le souverain tapait du pied, souriant largement.

En fin de soirée, un serveur apporte un rhum premium distillé en l’honneur du roi, le « Royal Welcome », édition limitée 2026 produite par Banks DIH et vieillie plus de 20 ans. Charles hume le verre, trinque avec son hôte, avale une première gorgée avant de lâcher un « très bien ! ». Le président lui glisse alors, complice : « Il faut juste le boire d’un trait !« , ce qui pousse le monarque à reprendre une longue gorgée sous les rires des invités.

Un verre de rhum pour Charles III, sur fond d’esclavage et de climat

Derrière cette dégustation de rhum se joue une séquence politique délicate. Mohamed Irfaan Ali figure parmi les voix caribéennes réclamant des excuses formelles et des réparations pour la traite transatlantique, tout en affichant une relation personnelle chaleureuse avec Charles III, qu’il a déjà rencontré six fois. Aux Bahamas quelques jours plus tôt, le roi a reconnu les souffrances et injustices du passé et annoncé que cet héritage serait discuté au prochain CHOGM à Antigua‑et‑Barbuda.

La tournée caribéenne est aussi centrée sur le changement climatique et la protection de la vaste forêt tropicale du Guyana, enjeu auquel Charles consacre une partie de son action depuis des années. Le président Ali a d’ailleurs participé à son documentaire Harmony pour le remercier de ce soutien environnemental. Un roi souriant, verre de rhum en main à Georgetown, incarne ainsi une monarchie qui cherche à rester proche des peuples tout en faisant face à un passé colonial de plus en plus contesté.

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