Shy’m, de son vrai nom Tamara Marthe, a attendu cinq jours pour réagir publiquement à l’attentat raciste de Trappes. Invitée de Marc-Olivier Fogiel dans Face à Fogiel sur RTL, la chanteuse née et élevée dans cette ville des Yvelines raconte le choc de voir son quartier frappé, et dénonce la manière dont certains discours de haine l’ont, selon elle, préparé.
Face au journaliste, Shy’m dit son écœurement en entendant Jordan Bardella qualifier Trappes de « république islamique en miniature » ou Éric Zemmour parler de « hordes de barbares maghrébines et africaines« . Interrogée sur l’effet de ces paroles, elle répond sans hésiter : « Mais évidemment que ça alimente« . Une conviction forgée au contact quotidien de sa famille restée à Trappes.
Attentat raciste de Trappes : les faits que rappelle Shy’m
Le 23 octobre 2026, une fusillade de masse touche Trappes et La Verrière. Un jeune sportif, Pengo Bossio Wangi, 26 ans, est tué, cinq autres personnes sont blessées. Le Parquet national antiterroriste ouvre une enquête pour « assassinat » et « tentatives d’assassinats » en relation avec une entreprise terroriste, avec circonstance aggravante de mobile raciste liée à la race, l’ethnie, la nation ou la religion.
Le suspect, Kévin T., 39 ans, explique aux enquêteurs avoir « vengé les commerçants » en s’en prenant « aux Noirs et aux Arabes« , selon des éléments cités par Le Monde. Emmanuel Macron parle alors d’un « attentat terroriste raciste« . Cinq jours plus tard, le 29 octobre 2026, Shy’m prend la parole sur RTL, au cœur d’un pays sidéré par cet acte de terrorisme d’extrême droite.
Shy’m, enfant de Trappes, raconte la peur et la stigmatisation
Sur RTL, la star de 40 ans confie d’abord sa « tristesse » et son « incompréhension » en voyant « la ville dans laquelle on est née, la ville dans laquelle on a grandi » visée par un crime de haine. Elle dit aussi son « inquiétude » pour « cette nouvelle génération » et pour ses proches restés à Trappes, qui lui racontent leur angoisse quotidienne.
Quand Marc-Olivier Fogiel lui lit les phrases de Jordan Bardella, Marion Maréchal ou Éric Zemmour sur Trappes, Shy’m dit ne pas avoir « d’autres mots » que « l’écœurement« . Elle vise des responsables qui, selon elle, « biaisent une information pour stigmatiser, pour créer des peurs, des craintes et je crois au final pour diviser« , au risque de nourrir un climat de guerre civile larvée.
Quand les mots déforment Trappes : chaînes d’info, politique et vies abîmées
Le maire de Trappes, Ali Rabeh, estime que ces petites phrases ont « fini par pénétrer l’inconscient collectif« , explique-t-il dans Le Monde. Dans Télérama, il dénonce aussi ces plateaux où « des élus de la République, du RN, expliquent que Trappes, c’est Kaboul« . Dominique de Villepin alerte, lui, sur une « mécanique de la haine » ; « Le RN porte une responsabilité dans la polarisation de notre pays« .
Pour Shy’m, ces mots répétés sur les chaînes d’info en continu et sur les réseaux sociaux finissent par façonner une image caricaturale de Trappes, loin de la ville où elle a grandi. Elle confie que ses proches « ont peur aujourd’hui« . « Ce n’est pas possible d’avoir peur, de sortir, d’être dans la rue, d’être chez soi. Ça nous arrive ici en France, c’est trop dur, c’est trop dur à accepter« .
