Un témoignage révélateur sur la diplomatie britannique
Un ancien ambassadeur adjoint raconte que, au début des années 2000, certaines visites officielles en dehors du Royaume-Uni se transformaient en cauchemars logistiques. Selon lui, les équipes sur place devaient faire face à des demandes excessives, à une obsession du confort et à une pression constante. Ces caprices royaux, financés par l’argent des contribuables, paraissent aujourd’hui encore plus irréels puisque leur protagoniste a perdu ses titres et son prestige.
Les exigences extravagantes de l’ex-prince Andrew
Ce personnage, c’est Andrew Mountbatten-Windsor, ancien prince d’York. Pendant une décennie, il était envoyé spécial pour le commerce international et l’investissement, avant de devenir le symbole de la disgrâce royale. L’ancien diplomate Simon Wilson, qui a été chef de mission à Bahreïn, a évoqué plusieurs demandes jugées insensées. Il s’agissait notamment de serviettes d’eau à température ambiante, d’un entourage nombreux, de jets privés et d’hôtels cinq étoiles, loin de l’image d’un serviteur de l’État.
Une vie de luxe lors des missions officielles
En tant que représentant spécial, Andrew multipliait les missions de promotion du Royaume-Uni au Moyen-Orient, notamment à Bahreïn. Simon Wilson explique que chaque déplacement était précédé d’un dossier détaillant ses préférences. Il précisait notamment ce qu’il voulait manger, comment son thé devait être servi, et insistait pour que son eau soit « strictement à température ambiante, sans glaçons ». Son entourage comprenait valet, secrétaire privé, écuyer et conseillers, qui arrivaient parfois dans des avions séparés.
Une planche à repasser géante, symbole de ses caprices
Au sommet de ces extravagances se trouve une planche à repasser de 1,80 m, qui accompagnait le prince partout. Depuis, l’expression « prince Andrew planche à repasser » est devenue synonyme de ses comportements déconnectés. Simon Wilson raconte qu’un valet chargeait systématiquement une « table à repasser de six pieds » dans les véhicules officiels. Une fois, cette planche aurait été coincée dans la porte d’un palace à Bahreïn. Le domestique aurait expliqué qu’il était « le seul à savoir repasser les pantalons de Son Altesse ». En France, cette anecdote a donné naissance à l’expression d’une « énorme table à repasser », devenue légende dans les chancelleries.
Des dépenses démesurées et un coût pour le contribuable
Pour ses déplacements, Andrew privilégiait systématiquement les jets privés et les hôtels de luxe, refusant les résidences d’ambassade qui étaient pourtant gratuites. Selon Focus Online, ses vols auraient coûté environ 325 000 £ en 2003, puis près de 620 000 £ en 2010, principalement pour ses voyages. Son surnom d’« Air-Miles Andy » ou de « Son Altesse Bouffonne » s’est ainsi popularisé parmi les diplomates et parlementaires exaspérés par ces dépenses excessives.
Un ex-prince devenu embarrassant
Aujourd’hui, Andrew Mountbatten-Windsor n’est plus prince ni duc d’York. Sa destitution est en partie liée à son retrait forcé des fonctions publiques après l’affaire Epstein et son interview catastrophique à Newsnight. L’homme que Charles III souhaite reloger du Royal Lodge à Frogmore Cottage voit ces histoires de planche à repasser et d’eau tiède comme autant de preuves d’un rapport déconnecté du pouvoir et de l’argent public, en pleine crise du coût de la vie au Royaume-Uni.
