Trois ans après son ouverture, la Maison Gainsbourg tourne une nouvelle page. Alors que les Journées européennes du patrimoine se tiennent ce samedi 19 et dimanche 20 septembre, le lieu imaginé par Charlotte Gainsbourg célèbre son anniversaire avec une ouverture nocturne exceptionnelle. Une nouvelle étape après plusieurs années mouvementées.
Trois ans déjà que la Maison Gainsbourg a ouvert ses portes au public. Depuis le 20 septembre 2023, les visiteurs peuvent pousser celles du mythique 5 bis rue de Verneuil, demeure dans laquelle Serge Gainsbourg a vécu jusqu’à sa mort en 1991. Et pour célébrer cet anniversaire, Charlotte Gainsbourg et son entourage ont imaginé un rendez-vous à la hauteur de l’histoire du lieu. À l’occasion des Journées européennes du patrimoine, organisées ces samedi 19 et dimanche 20 septembre 2026, le parcours « Musée seul » prévoyait notamment une ouverture nocturne exceptionnelle et gratuite le samedi soir, au 14 rue de Verneuil. Le public a pu y découvrir plus de 400 objets personnels, archives et manuscrits, ainsi qu’une exposition consacrée à l’inoubliable morceau Je t’aime… moi non plus. Une programmation qui fait écho au thème 2026 du « Patrimoine de la photographie », avec des échanges proposés autour de plusieurs pièces de la collection. Après un lancement longtemps rêvé par Charlotte Gainsbourg, puis une période particulièrement mouvementée, la célèbre ouvre un nouveau chapitre de son histoire.
Car derrière cette célébration se cache une histoire familiale qui ne manque pas de relief. Charlotte Gainsbourg a porté pendant près de trente ans le projet de faire découvrir au public la maison de son père, en veillant à conserver son atmosphère et de nombreux objets dans leur état d’origine. Son fils aîné Ben Attal s’est progressivement impliqué dans cette aventure. Depuis 2025, il dirige avec John Figeroa le Gainsbarre, le restaurant et piano-bar installé au 14 rue de Verneuil, et est présenté comme directeur adjoint de la Maison Gainsbourg. Un rôle forcément singulier pour celui qui n’a jamais connu son grand-père, Serge Gainsbourg étant décédé six ans avant sa naissance. En 2024, le jeune comédien racontait d’ailleurs au Monde combien cette maison lui avait permis de redécouvrir la figure de cet aïeul disparu avant qu’il puisse le rencontrer.
De Charlotte Gainsbourg à Ben Attal, la belle histoire de famille autour du 5 bis rue de Verneuil
En prenant part à la renaissance de ce lieu, Ben Attal contribue donc à faire vivre une mémoire familiale qui continue à passionner les foules. Mais cette nouvelle génération n’a pas été épargnée par les difficultés : en 2025, sa gestion du Gainsbarre a entraîné plusieurs plaintes de riverains dénonçant des nuisances sonores et des soirées jugées trop tardives. Une médiation avait alors été organisée, Ben Attal s’engageant à mieux encadrer les privatisations. Le parcours de la Maison Gainsbourg a également été marqué par un important conflit financier et judiciaire : Charlotte Gainsbourg et l’homme d’affaires Dominique Dutreix s’étaient associés pour donner vie au projet : lui devait notamment apporter les financements nécessaires, tandis que la fille de Serge Gainsbourg mettait à disposition les murs et son implication artistique.
Après une ouverture finalement décalée à septembre 2023, le succès auprès du public a été immédiat. La première année, le lieu aurait enregistré près de quatre millions d’euros de chiffre d’affaires et attiré environ 100 000 visiteurs. Mais, en parallèle, la société d’exploitation s’est retrouvée en cessation de paiements à l’été 2024, avant d’être placée en redressement judiciaire en septembre, avec d’importantes dettes fournisseurs. Charlotte Gainsbourg a contesté certaines opérations financières imputées à son associé, tandis que Dominique Dutreix a rejeté les accusations portées contre lui et défendu sa propre lecture des financements engagés. Le conflit s’est poursuivi sur les terrains civil et pénal. Ce mercredi 16 septembre, Dominique Dutreix a ainsi comparu devant le tribunal correctionnel de Paris pour abus de biens sociaux dans le cadre de la gestion de la Maison Gainsbourg. Il appartient désormais à la justice de trancher le volet pénal de cette affaire.
Maison Gainsbourg : son nouveau souffle après les turbulences financières
Et c’est finalement une nouvelle page de l’histoire de la Maison Gainsbourg qui s’est ouverte en 2026. En janvier, le tribunal des activités économiques de Paris a validé la reprise de la société d’exploitation par Avoda, entreprise présidée par Philippe Dabi, proche de Charlotte Gainsbourg. L’offre retenue s’élevait à 850 000 euros et portait sur les actifs de la société d’exploitation. Charlotte Gainsbourg a été autorisée à prendre part au nouveau montage, tandis que Dominique Dutreix a été écarté de cette nouvelle structure. Une décision qui a permis à la Maison Gainsbourg de poursuivre son activité après plusieurs mois d’incertitude. Le lieu, lui, n’a jamais cessé d’attirer les curieux : malgré le redressement judiciaire et les tensions entre associés, son succès public est plus que jamais d’actualité.
Source : Gala
